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Minneapolis Sound

Skyline de Minneapolis

Le Minneapolis Sound est un courant musical inspiré par Prince, et qui se trouve au carrefour du funk, du rock et de la soul.

Origines

Depuis les années 1950 et jusqu’à la fin des années 70, chaque grande ville des USA avait un « son » spécifique : le son de Philadelphie, le son de Los Angeles, le son de Detroit, etc. Minneapolis n’avait jusque là jamais apporté d’élément particulier à la musique américaine, bien que l’illustre Bob Dylan soit également originaire de cette ville.

Le Minneapolis Sound est la fusion parfaite entre le rock, le funk et la soul. Prince est l’héritier direct des grands noms de chacun de ces genres musicaux, et l’on retrouve dans sa musique et son comportement sur scène de nombreuses références à ce qui a existé auparavant.

En réalité, le Minneapolis Sound se caractérise au départ par un son très dépouillé : n’ayant pas de grands moyens, et tenant tous les instruments lui-même, Prince ne disposait pas de section de cuivre comme le veulent les grands groupes funk de cette époque. Les cuivres sont remplacés par des sons aux claviers, ce qui va introduire une forte connotation new-wave, puis rock, dans la musique Soul / Funk du Prince du début des années 80.

Prince a toujours tenu à rester identifié à Minneapolis, et a très fréquemment mis sa ville en valeur dans ses films ou dans ses clips. C’est bien évidemment le film Purple Rain qui a fait de cette ville un lieu de pèlerinage pour les fans. La ville n’est pas citée nommément dans le film, mais le club First Avenue lui est bien réel, et n’existe qu’à Minneapolis.

Toutefois après le succès commercial de Purple Rain en 1984/85, Prince va se nourrir de l’influence du saxophoniste Eric Leeds, alors récemment introduit dans son groupe. Eric Leeds va considérablement changer l’orientation musicale du Minneapolis Sound en y introduisant une bonne dose de jazz. Le concept même de ce son original va donc s’estomper, mais il persistera grâce à l’aide des nombreux groupes dérivés et anciens musiciens qui continueront d’exploiter cette marque de fabrique jusque dans les années 90.

Discographie sélective

Voici une liste d’albums de « Minneapolis Sound » parmi les plus emblématiques, en dehors des strictes productions réalisées par Prince.

Color Of Success – Morris Day (Warner, 1985)

Fraichement séparé de The Time, Morris Day se lance en solo avec cet album somptueux et qui reprend les codes du groupe dont il est issu : de longs jams funky et teintés d’humour, une somptueuse balade, et un statut : « l’amertume est passée, il est temps d’évoluer ».  

Le son est typiquement dans la veine de l’époque, ce qui le rend un peu daté aujourd’hui, mais il est toujours aussi funky !

Le second album solo de Morris Day, Daydreaming, qui parait en 1987 dilue déjà beaucoup le son de Minneapolis mais on retrouve le groupe The Time presque au grand complet sur le titre Fishnet, devenu un classique.

Revue – Jesse Johnson (A&M, 1985)

Également issu de The Time, Jesse Johnson présente sa « revue », un cocktail détonnant de synthés typiquement Minneapolis et de guitares sauvageonnes, basés sur des rythmes synthétiques. 

Be Your Man, Can You Help Me? ou encore I Want My Girl sont devenus des classiques.

Jesse fera paraître un second album, Shockadelica, en 1986 sur lequel on trouve un duo avec Sly Stone, Crazay, et aussi sa propre version du titre Do Yourself a Favor (initialement écrit par Pepé Willie).

Skin On Skin – Vanity (Motown, 1986)

Après avoir quitté Vanity 6 et l’entourage de Prince en 1983, la belle demoiselle se lance dans une carrière solo avec des apparitions au cinéma. Son premier LP, Wild Animal, est paru en novembre 1984, puis elle récidive en 1986 avec ce second album, Skin On Skin, musicalement assez abouti et qui contient notamment le hit Under The Influence, dont le titre traduit aussi l’usage prononcé des stupéfiants qui ont fini par ruiner la carrière de Vanity. 

Ta Mara & The Seen (A&M, 1986)

Propulsée par Jesse Johnson dans la lignée de ses productions, la belle Margaret Cox est la chanteuse de Ta Mara & The Seen, qui obtient un hit début 1986 avec le morceau Everybody Dance (n°24 au Billboard Hot 100). Un second single issu de ce même album, Affecttion, est aussi notable. Sur ce disque on retrouve nombre de pointures de la ville de Minneapolis, dont Keith Woodson, Oliver Leiber, ou Jamie Chez. 

Un second album, Blueberry Gossip, paraîtra en 1988 mais n’obtint aucun succès. Depuis 1987, Margie Cox avait intégré le groupe Dr Mambo’s Combo qui se produit chaque week-end au Bunker’s à Minneapolis. Elle prendra sa retraire en 2025.

Control – Janet Jackson (A&M, 1986)

Le duo de producteurs Jimmy Jam & Terry Lewis, eux-mêmes issus de la première formation de The Time, produisent des artistes depuis 1982 avec un paquet de hits à leur actif : Just Be Good To Me par le SOS Band, Change Of Heart par Change, ou les premiers albums solo de Thelma Houston, Cherelle, ou Alexander O’Neal.

Le 4 février 1986 paraît l’album Control de Janet Jackson, petite soeur de Michael Jackson. Célébré par les critiques comme un album de réussite et de maturité personnelle, Control est un énorme succès qui met au devant de la scène le duo de producteurs, également présent (avec une bonne partie du groupe The Time, mais sans Morris Day) dans la plupart des vidéo clips. L’album se vendra à plus de 5 millions d’exemplaires aux USA. 

Hearsay – Alexander O’Neal (Epic, 1987)

A partir de l’année 1987, le Minneapolis Sound évolue vers un courant plus R&B et New Jack Swing, essentiellement amené par cet album de celui qui devait à l’origine être le chanteur principal de The Time. Alexander O’Neal avait déjà obtenu un succès avec son premier LP, éponyme, en 1985, mais celui-ci affiche à la fois une maturité et un aboutissement, un peu comme l’album de Janet Jackson. Quasi intégralement enregistré à Minneapolis aux studios Flyte Tyme, produit et écrit par le duo Jam & Lewis, cet album a atteint la 29ème place du Billboard 200 Albums, et le 2ème place dans la catégorie R&B/Hip-Hop. Le single Fake est souvent mentionné comme le meilleur titre de l’album.

Wendy and Lisa – (Columbia / Virgin, 1987)

Après la difficile séparation de The Revolution à la fin de l’année 1986, Wendy et Lisa se regroupent avec leur ami Bobby Z et font paraître une collection de morceaux qui se revendiquent encore du Minneapolis Sound, bien qu’intégrant leur son particulier, plus californien. Sans équivoque, Sideshow, Waterfall ou The Life, sont des titres qui rappellent grandement leur travail avec Prince. L’album atteint la 88ème place du Billboard 200 US. 

L’album suivant, Fruit At The Bottom, paru en 1989 propose encore un Minneapolis Sound prédominant, tout en adoptant le style propre aux productions des deux filles. 

St. Paul – (MCA, 1987)

Également issu de The Time (version 1983), puis de The Family (1985), St. Paul Peterson a été signé chez MCA en 1987. 

Il propose son premier album solo dans lequel on trouve un hit mineur, Rich Man. Peterson peut s’appuyer sur son entourage puisqu’il est issu d’une famille de musiciens, et qu’il embarque sur le disque un membre des Steeles (groupe de gospel de Minneapolis), son frère Ricky P., le clavier Monte Moir, etc. 

Cet album reste dans la veine du Minneapolis Sound, mais il pêche un peu dans l’inspiration même s’il demeure sympathique. 

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