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T.C. Ellis

TC Ellis

T.C. Ellis, de son vrai nom David E. Ellis, est un musicien / rapper américain. Il a fait paraître un album sur Paisley Park Records / Warner Bros, True Confessions, le 28 mai 1991.

Biographie

David Ellis est originaire de Minneapolis. Durant son adolescence, il est amené à jouer de la batterie dans l’orchestre de son église, ainsi que dans d’autres groupes. Il jouait avec un musicien local, Tony Walker, qui avait l’habitude de répéter dans son salon avec Andre Cymone et Pierre Lewis. Ce dernier faisait partie de 94 East avec Pepé Willie, et aussi de The Lewis Connection, un groupe dans lequel officiait Sonny Thompson (NPG). La sœur de David n’est autre que Sue Ann Carwell, une vocaliste qui intervenait souvent dans la formation primitive de The Time, alors encore appelée Flyte Tyme. Sue Ann avait le même management que Prince, Owen Husney, et elle a été signée chez Warner Bros. Prince lui a offert un titre, Make It Through The Storm

Ainsi, TC Ellis a vu l’émergence d’artistes comme Prince, The Time ou Andre Cymone. Mais il s’éloigne de la musique lorsque Prince change de management et remercie Owen Husney. Il se tourne alors vers l’aviation et passe sa licence de pilote.

David raconte que son surnom « T.C. » (pour « Twin Cities », les villes jumelles, en référence à Mnneapolis et St Paul) lui est venu quand des garçons de Minneapolis l’ont surnommé ainsi, car il faisait la navette entre les deux cités pour venir voir sa petite amie dans les quartiers nord de Minneapolis. 

Au début des années 1980 il est manager d’un groupe appelé The Syndicate, dans lequel se trouvait Andre Lewis, frère de Pierre Lewis. Le groupe était d’un style similaire à The Time, et David voulait les présenter à Prince.

Après avoir été subjugué par Rapper’s Delight du Sugarhill Gang, TC Ellis revient à la musique et se fait connaitre dans les environs de Minneapolis avec le T.C.’s rap, en 1985. 

T.C. Ellis & Miko Weaver font paraitre le Bat Rap en 1989 sous le nom de T.C. Rapper.

Il est ensuite un très bon ami de Miko Weaver, au moment où il intègre le groupe The Revolution. Ils travaillent sur de la musique ensemble, mais c’est au moment de la préparation de l’album Batman en 1989 que les choses évoluent : Miko Weaver fait écouter des extraits de dialogues du film à T.C. Ellis, qui produit le Bat Rap, et le sort indépendamment. 

Le Bat Rap devient viral dans les environs de Minneapolis. La radio locale, KMOJ, a pris l’habitude de le jouer en duo avec Batdance, le titre de Prince qui est alors numéro 1 aux USA. David dit alors que Warner Bros fut inquiet de savoir qui était derrière ce titre car il y avait des parties de dialogue qui faisaient référence au film alors qu’il n’était pas encore sorti. 

C’est alors que Prince propose à David de travailler sur des morceaux, et le fait venir à Paisley Park

Préparatifs

T.C. Ellis pensait travailler sur son album avec son bon ami Miko Weaver, mais celui-ci est remercié après le Nude Tour, lorsque Prince constitue le groupe New Power Generation. La réalisation du disque est alors confiée à Levi Seacer Jr, avec qui David n’a pas la même alchimie.

Il raconte notamment que lors de l’enregistrement du morceau titre de son album, True Confession, cela ne s’est pas du tout déroulé comme il l’avait imaginé.

Dès son arrivée en studio, il rencontre Seacer, qui lui propose une nouvelle version du morceau. Or, cette chanson était importante pour David, presque une signature artistique, et il en avait une vision précise. Lorsque Seacer lui fait écouter cette nouvelle base musicale, il exprime immédiatement son désaccord, estimant que le groove ne correspond pas à l’esprit du titre. Malgré cela, Seacer insiste pour tenter l’expérience.

David accepte finalement d’enregistrer sur cette version, en faisant de son mieux, mais il reste insatisfait du résultat. Il finit par se laisser convaincre que le morceau est acceptable, notamment sous l’influence et les encouragements de Prince et de Seacer.

De manière plus générale, il décrit l’expérience d’enregistrement de l’album comme mitigée. Il évoque une certaine tension créative, car il avait déjà une idée claire de son identité artistique et de la manière dont il voulait se présenter dans l’industrie musicale. Pourtant, cette vision personnelle a été en partie étouffée, puisque Prince, et surtout Seacer, dirigeaient largement les choix musicaux du projet.

L’album contient trois titres de Prince: Miss Thang que Prince avait écrit pour Morris Day et l’album Corporate World. Les pistes originales du titres ont été conservées. Girl O’ My Dreams est un titre que Prince avait créé en 1982 et réenregistré avec The Revolution en juin 1986. Ce titre bien connu des fans est resté inédit jusqu’à son inclusion dans True Confessions, Levi Seacer assurant tous les instruments. Le troisième titre de l’album, Bambi, est une reprise de la chanson de l’album Prince de 1979, sur une nouvelle base musicale.

David Ellis a également rencontré George Clinton lors de l’enregistrement de son album, avec qui il a développé une amitié. Clinton produit deux titres de l’album de T.C. Ellis et vient poser sa voir sur le morceau Pussycat

Alan Leeds porta l’album chez Warner Bros qui acceptèrent de signer T.C. Ellis. Dans un premier temps, ils indiquèrent vouloir le signer pour un total de sept albums ! Mais les négociations furent rudes au sujet des royalties. Ellis, qui était encore débutant dans le music business, était pointilleux sur ce sujet mais Prince le dissuada de discuter trop longtemps avec Warner Bros et leurs armées d’avocats. Il l’encouragea à accepter un deal pour 3 albums, dont la production serait financée à l’avance pour $370,000 chacun. Ellis a donc reçu $1,1 million alors qu’il n’a fait paraitre qu’un seul album, Warner Bros ayant annulé les suivants suite à l’échec commercial du premier, et du fait que le label Paisley Park Records fut fermé en 1994. 

 

Levi Seacer Jr et Miko Weaver, alors tous deux dans le groupe de Prince en 1987
George Clinton (portrait)
T.C. Ellis dans le film Graffiti Bridge

Graffiti Bridge (film, 1990)

Au cours de la réalisation de son album, Prince propose également à David Ellis d’être présent dans le film Graffiti Bridge. Il n’y joue qu’un rôle mineur, mais cela a permis au public de découvrir cette nouvelle personnalité. Il fait partie d’un trio de copains avec Miko et Levi. On le voit également à la fin déclamer son rap sur le morceau New Power Generation, ce qui signifie que le Kid (Prince) a finalement accepté qu’il livre son rap. On voit T.C. au début du film dire au Kid qu’il « aurait dû le laisser rapper ».

Ellis a raconté que filmer Graffiti Bridge était très amusant pour lui, et qu’il y avait un enjeu important avec toute la clique rassemblée pour ce projet : Mavis Staples, George Clinton, Tevin Campbell, Jam & Lewis, Morris Day et Jerome Benton.

T.C. Ellis et Ingrid Chavez dans le film Graffiti Bridge
T.C. Ellis rappe à la fin du film Graffiti Bridge, pendant le titre New Power Generation

Single : New Power Generation (Paisley Park Records, 1990)

T.C. Ellis est présent sur le maxi-single du titre New Power Generation, qui a la particularité de voir son morceau-titre décliné en six versions différentes. On y trouve notamment le T.C.’s Rap, porté par T.C. Ellis. Ce titre intègre le rap de True Confessions, qui sera ultérieurement développé comme morceau à part entière sur l’album du même nom.

True Confessions - T.C. Ellis (album, 1991)
Miss Thang - T.C. Ellis (maxi-single, 1991)
Pussycat - T.C. Ellis (maxi-single, 1991)

Album : True Confessions (Paisley Park Records, 1991)

L’album de T.C. Ellis, True Confessions, parait le 28 mai 1991 soit neuf mois après sa première apparition sur l’album Graffiti Bridge, et six mois après la sortie du film Graffiti Bridge.

Dès sa sortie, il est conspué par le monde du hip-hop et les critiques journalistiques. Il est vrai que l’album est peu convaincant, malgré les efforts mis en œuvre. Les bases musicales sont solides et funky mais le rap de T.C. Ellis bien que techniquement correct est peu distinctif, et son identité pas suffisamment marquée. Il donne l’impression d’être un « produit de label » pour justifier d’une présence dans le rap, sans réussir à être au niveau des productions du moment.

Les fans purs et durs ont profondément regretté la relecture du titre Bambi, et le morceau inédit très idéalisé qu’est Girl O’ My Dreams est ici saccagé. Dans l’ensemble le propos de T.C. Ellis est le plus souvent positif, et il est à ranger dans la catégorie des « gentils rappers ».

L’album a été un échec commercial et ses ventes n’ont pas dépassé quelques dizaines de milliers d’exemplaires. Il n’est apparu dans aucun classement.

Deux singles ont été extraits : Miss Thang et Pussycat, sans succès notable.


Contenu : 

  1. Intro (0:10)
  2. Dope (4:31)
  3. Segue (0:30)
  4. Miss Thang [Remix] [remix by Larry Robinson] (3:30)
  5. Pussycat [feat. George Clinton] (4:08)
  6. For The Record (3:55)
  7. Bustin’ [feat. George Clinton]
  8. Brothers And Sisters (3:42)
  9. True Confession [feat. Rosie Gaines] (3:58)
  10. Cold Thang (4:42)
  11. Bambi (Rap) (4:33)
  12. Girl O’ My Dreams (1:34)
  13. Somebody’s Got To Love Her (5:43)
  14. Love (4:44)
  15. Brothers And Sisters [Reprise] (0:52)
  16. Miss Thang [Junior Vasquez Ice Mix] (5:37)

 

 

Carrière après Prince

T.C. Ellis s’est investi dans la culture locale en ouvrant son propre studio en 1996, Studio 4 Enterprises, et a monté une communauté lycéenne : High School for the Recording Arts, à St Paul, qui a été institutionnalisée en 1998.

Depuis, il reste moteur dans l’associatif autour de la musique et développe des écoles de musique. Il a été reconnu pour son travail et on lui a même demandé de faire une présentation à l’université d’Oxford, en Grande-Bretagne. 

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