Cet article relate mon premier voyage à Minneapolis effectué en 2012.
Contexte
Pour pleinement appréhender la carrière d’un artiste, il est parfois nécessaire de s’insérer dans son univers, et comprendre d’où il vient et où il vit. C’est d’autant plus vrai pour Prince, qui a régulièrement mis en avant sa ville natale de Minneapolis dans ses albums et dans ses clips. Le fait qu’il ait tenu à rester sur place, plutôt que de se fixer à Los Angeles ou New York, amène également des interrogations. La construction des studios Paisley Park en 1987, et les nombreux concerts et soirées qui y ont été donnés, ont contribué à sa légende. On peut y ajouter des lieux mythiques tels que le First Avenue, le club Glam Slam, ou le premier NPG Store, ainsi que les nombreux lieux cités dans ses chansons durant sa carrière : le quartier Uptown, Calhoun Square, le lac Minnetonka, les chutes d’eau de Minnehaha, les villes de Chanhassen et de Eden Prairie, ou la route 94 East, sont des éléments symboliques forts. C’est pourquoi un nombre conséquent de fans n’ont pas hésité à se rendre sur place dès les années 1980.
Malgré de nombreux projets et une admiration sans faille des artistes du Minneapolis Sound au fil des années, mon premier voyage à Minneapolis n’a pu se concrétiser qu’en 2012 lorsque je me suis rendu sur place à l’occasion de la reformation du groupe The Revolution, qui se retrouvait pour la première fois lors d’un concert au club First Avenue depuis leur séparation en 1986. Dès le départ, nous savions que l’on y allait pas pour voir Prince. Mais bien évidemment, une surprise de dernière minute n’était pas à exclure 😉
Le groupe The Revolution s’est reformé un an après l’accident cardiaque qu’a subit le batteur Bobby Z, et dont il a réchappé de justesse. Leur concert au First Avenue est destiné à alimenter une œuvre de charité en faveur de la lutte contre les maladies cardio-vasculaires.
Les préparatifs
Pour ce premier voyage il est prévu que nous restions 6 jours sur place, du 17 au 23 février 2012. Nous avions choisi, pour minimiser les frais, de prendre un vol avec escale à Chicago. Mon billet m’est revenu à 609,34 €. L’escale n’était que d’une heure, et tous les vols ayant eu lieu à l’heure je n’ai pas eu de souci de correspondance ou de retard.
Pour le logement, s’il pouvait y avoir des propositions intéressantes dans les hôtels, j’ai préféré réserver une location d’appartement auprès d’une agence locale.
Quant au billet pour le Benefit 2 Celebrate Life de Bobby Z., j’ai choisi de vivre l’expérience la plus ultime, et j’ai donc pris un billet VIP au prix de $150. Ce tarif nous donnait droit à une entrée à l’avance dans le club, un buffet, et la possibilité d’approcher les musiciens.
17 février 2012 : l’arrivée, et première soirée au club Seven Sushi
A peine débarqués de l’avion et après récupération des clefs de notre logement nous nous retrouvons en centre ville au resto/club « Seven Sushi » pour une soirée préalable au concert des Revolution.
La soirée fut fort sympathique, bien rythmée et animée par la DJ Lenka Paris, avec une chouette ambiance. On y trouvait plein de fans rigolos, déguisés et motivés (surtout la Chicago team) et ce fut l’occasion de premières rencontres avec des célébrités locales: Vicki Norby (la femme de Bobby Z), Jellybean Johnson des groupes The Time / The Family, et Pepe Willie.






Jour du 18 février 2012 : découverte de Minneapolis
Nous avons parcouru la ville l’après midi du 18. Nous avons pu constater que le centre ville est à taille humaine. Ce qui est intéressant est le réseau de Skyways, ces passerelles vitrées qui permettent de passer d’un bâtiment à l’autre pendant l’hiver, sans avoir à sortir à l’extérieur. Nous avons également fait un arrêt devant le mur aux notes de musique, devant lequel Prince avait été photographié au début de sa carrière.
Pour lire les paragraphes suivants, dépliez les parties ci-dessous :
Dépliez : soirée du 18 février 2012 au club Seven Sushi
La soirée de lancement officielle du week-end était celle du 18, à nouveau au resto/club Seven Sushi qui est partenaire de l’évènement. On s’attendait à voir un plus grand nombre de personnalités que la veille, et on a pas été déçus ! Tout d’abord on fait connaissance avec Andra Fink, l’épouse de Dr Fink, et qui est très sympathique. Puis Dr Fink en personne arrive un peu plus tard et s’installe tranquillement pour discuter avec nous. Je lui demande s’il connaîtrait un moyen de nous faire visiter Paisley Park à titre exceptionnel, mais il me répond clairement « qu’il n’est pas en mesure de nous aider pour cela ». On croise ensuite Dez Dickerson et bien sur Bobby Z. Il ne manque plus que Wendy & Lisa mais elles ne sont pas là ce soir. Le clou de la soirée a été la photo que j’ai pu prendre en compagnie de Tyka Nelson, même si les conditions (à la chaîne) n’étaient pas optimales.
Nous avons eu aussi le grand plaisir de revoir Pepé Willie accompagné de ses acolytes Marcy Ingvolstad et Kristie Lazenberry, autrement dit le groupe 94 East au complet !
Photos de la journée du 18 février 2012
Journée du 19 février : Uptown, Lake Calhoun et Paisley Park
Un peu plus loin dans l’avenue West Lake, on trouve aussi l’emplacement du premier NPG Store.
Nous partons ensuite en voiture en direction de Paisley Park. Nous avons un gros choc émotionnel en arrivant devant le bâtiment blanc. La grille noire est fermée, et nous ne pourrons faire des photos qu’à l’extérieur. Il ne semble pas y avoir âme qui vive dans le bâtiment. Des rumeurs disent que Prince est là, dedans, mais il nous est impossible d’approcher. Le parking est totalement vide. Tout a l’air bien entretenu mais nous restons sur notre faim, et cet endroit semble avoir un pouvoir d’attraction si fort que nous nous faisons la promesse de revenir un jour pour pouvoir y entrer.
Soirée du 19 février : concert de The Revolution au First Avenue
L’excitation était à son comble au moment d’entrer dans le First Avenue. L’attente s’effectue dehors par les portes principales, et l’entrée pour les VIP s’effectue via une petite porte sur le côté. En nous promenant un peu avant, nous avions pu apercevoir Eric Leeds attablé au restaurant jouxtant la salle de spectacle. Une fois dedans, nous découvrons un incroyable buffet de sushi « open bar » et nous nous sommes régalés. La DJ Lenka Paris assurait l’animation musicale de cette soirée où nous croisons un nombre incroyable de personnalités, anciens musiciens, chanteurs ou collaborateurs de Prince. Au delà de tous les musiciens déjà cités ajoutons Owen Husney, Alan Leeds, St Paul Peterson, et beaucoup d’autres. En déambulant dans les couloirs il était possible d’aller dans la salle principale, et nous découvrons alors ni plus ni moins que le décor du film Purple Rain. Rien n’a changé : le bar ou s’accoudait Morris Day, la coursive où se trouvaient les quatre danseurs, et bien sûr la scène elle même. Être présent en ce lieu est tout simplement magique. En remontant l’escalier pour rejoindre le buffet japonais je croise Brown Mark lui même. Il semble amusé de voir mon air ébahi et j’échange quelques mots avec lui mais ce n’est pas évident, en anglais et avec le bruit environnant. Après un rapide échange il me dit « je dois y aller maintenant » et j’acquiesce de la tête.
Une séance photo est organisée et on peut se mettre en groupe ou à côté de certains musiciens. Lorsque arrivent Wendy & Lisa, c’est une cohue indescriptible. Il n’est pas possible d’approcher à moins de 15 mètres.
Lorsque vient le moment du concert, la salle est remplie et je me positionne à bonne distance afin d’avoir un bon son et une vue d’ensemble. C’est Wendy qui assura les parties vocales à la place de Prince. S’il était évidement que personne ne pourrait « remplacer » Prince, le groupe qui n’a eu que trois jours de répétition au complet avant le show a livré une prestation plus qu’honnête même s’il y avait du flottement sur certains titres. En tous les cas l’émotion était présente et entendre ces titres-là joués dans cet endroit là valait bien le déplacement.
Les titres joués:
Controversy
Do It All Night
Party Up
Let’s Work
Pop Life
America
« I want to thank Prince from the bottom of my broken heart. » – Bobby Z
1999
Life Can Be So Nice
Mountains -> Jam
Anotherloverholenyohead
Baby I’m A Star
« Wendy thanking crew and Prince »
Let’s Go Crazy
Encore:
Purple Rain
Encore #2:
Uptown
Sexy Dancer
A un moment donné durant le show, Bobby Z proposa aux membres du groupe de réciter une ligne de dialogue du film Purple Rain. Cela n’était semble t-il pas préparé, car Lisa qui fut la première à intervenir ne savait pas quelle phrase dire. Elle finit par déclamer : « He probably dropped it under his bike and ROLLED over it. » Ensuite Bobby enchaina avec le fameux : « We’re still a group….right?« . Wendy ajouta « Doesn’t that make you feel like shit? » ce qui déclencha des applaudissements nourris. Dr Fink a pu réciter l’intégralité de son dialogue à propos des dates de règles de Wendy. Enfin Brown Mark, qui ne dit aucune ligne dans le film, regarda sa montre comme dans la scène où Prince arrive en retard pour répéter.
Wendy a également mentionné juste avant America qu’elle se souvient bien du tournage du clip à Nice en France, où elle a failli suffoquer tellement il faisait chaud sous le chapiteau.
Après le show, la soirée a évolué en une gigantesque dance party avec DJ Queslove, qui a habilement distillé raretés princières, extraits live et morceaux fédérateurs pour maintenir le public sur la piste de danse jusqu’aux petites heures de l’aube.
Dépliez : journée du 20 février 2012
A peine remis de notre soirée au First Avenue, nous décidons de faire un tour en ville pour repérer les principaux endroits que Prince a cité dans ses chansons ou les lieux où il a joué.
On commence par une halte touristique : la Tour Foshay, l’un des plus anciens buildings de Minneapolis. On peut se rendre tout en haut, où on trouve un bar et une coursive en plein air.
Par la suite nous sommes passés devant le Fine Line Music Café. Prince y a joué une seule fois en décembre 1987 pour un one-off dans ce tout petit endroit ! Autre endroit mythique, l’Orpheum Theatre. A cet endroit, Prince a joué avant de s’embarquer pour sa tournée en première partie de Rick James. On murmure que When You Were Mine et Head faisaient partie du set, pour la toute première fois. Nous sommes aussi repassés devant le First Avenue, le Target Center, et d’autres endroits.
Photos de la journée du 20 février 2012
Soirée du 20 février 2012 : le Bunker's Bar
Depuis des années, j’entendais parler des soirées qui se déroulent au Bunkers Bar, où des groupes comme Dr Mambo’s Combo, une formation à géométrie variable qui existe depuis près de 20 ans et qui contient en ses rangs bon nombre d’anciens associés princiers, venaient jouer régulièrement.
Malgré cela quand je suis arrivé sur place, ce fut l’hallucination la plus totale. Déjà, à peine franchie la porte d’entrée on tombe nez à nez avec Jellybean Johnson, tranquillement assis sur sa chaise à regarder du sport sur une TV située en hauteur. On cherche une place où s’assoir, alors qu’un groupe est déjà sur scène. Une fois posé, je regarde enfin la scène et là j’ai faillit en tomber de mon tabouret. Juste devant, on retrouve G-Sharp, le gars qui était monté sur scène au First Avenue pour chanter Uptown et faire les chœurs sur les autres titres. A côté de lui, la divine Margaret Cox qui à elle seule est un monument du Minneapolis Sound. Comment ça, vous ne connaissez pas Margie Cox ? Bien sur, sa participation sur le CD 1800 NEW FUNK (Standing At The Altar) est quelque peu anecdotique, mais surtout c’était la voix de Ta Mara & The Seen l’une des productions Jesse Johnson les plus emblématiques !
Dans le groupe, on trouve aussi le guitariste Billy Franze qui apparaît sur bon nombre de productions made in Minneapolis.
Le groupe reprend des standards de la soul, du funk, avec du Stevie Wonder, Chaka Khan, Bobby Womack, Johnny Guitar Watson, The Temptations (très bonne version de Just My Imagination), etc, donc quand on vient écouter ce groupe on est en terrain « princier » 100% pur jus. On serait même tenté de croire que c’est plutôt Prince qui venait faire ses courses ici, pour sélectionner de nouveaux musiciens.
G Sharp indique à un moment que Michael Bland n’est pas en ville actuellement, sinon il aurait tenu la batterie ce soir. Il est remplacé par un jeune très talentueux ! D’ailleurs les musiciens se succèdent et évoluent au fil des morceaux. G Sharp appelle Jellybean à un moment donné et ils parlent sur une version monstrueuse de Love and Happiness de Al Green.
Dépliez : journée du 21 février au Walker Art Center et Bobby Z
La journée du 21/02 a encore une fois été chargée de son lot d’émotions ! Dans la journée, nous avons décidé d’aller faire un tour au Walker Art Center, un musée d’art contemporain de renom situé juste à côté de la résidence où nous logeons.
Minneapolis est une ville aussi connue pour la musique que pour ses théâtres et ses musées, donc c’était un peu « la » sortie culturelle de mon séjour. Ce qui est amusant c’est que nous avons réussi à trouver une référence à Prince parmi les œuvres exposées.

Tout au long de la journée j’étais en contact téléphonique avec Bobby Z. Depuis plusieurs jours, il était question de se rencontrer pour déjeuner ou prendre un café, mais à chaque fois il était difficile de convenir d’une heure ou d’un lieu de rendez vous. Finalement vers 17h30 le rendez vous est fixé au restaurant W, en bas de la tour Foshay, pour 21h. Dans un premier temps, je pensais qu’il s’agissait d’un rendez vous privé mais je m’aperçois quelque temps après que Bobby a posté un message sur Facebook en faisant état d’une « wrap party » des Revolution, c’est à dire une soirée que l’on fait lorsque vient le moment de rassembler toutes les affaires avant de se dire au revoir. A ce moment là mes émotions se mélangeaient. D’un côté j’étais déçu que le rendez vous soit annoncé publiquement, de l’autre je me disais que c’était peut être l’ultime soirée où j’allais pouvoir croiser les Revolution au complet !
En réalité, il faut se rappeler que nous sommes à Minneapolis et qu’il ne s’y passe que des choses calmes. Arrivés à 21h pile au resto en question, on ne trouve personne. Ni aucun autre fan, ni aucun visage connu du staff ou du groupe. 21h30 toujours personne. Si bien qu’on a interrogé les serveurs, les visiteurs ou les employés du lieu, en se demandant si on avait pas loupé une grande salle avec une super fête à l’intérieur. Mais les mots « Revolution », « Bobby Z » ou même « Benefit » ne disent absolument rien au personnel de l’hôtel / resto en question.
A 21h45 je me résigne à appeler Bobby Z et en fait il terminait son diner dans le resto juste à côté. Il est avec sa femme et quelques amis, dont le directeur de l’entreprise de musique qui a fourni le matériel nécessaire au show de dimanche. Ils nous rejoignent quelques minutes après, c’est l’occasion de se congratuler encore une fois.
On commence à discuter du show de dimanche dernier, de comment il a été organisé, du fait que Dez Dickerson se soit ajouté et a permis de jouer d’autres morceaux comme Do It All Night (semble t’il un favori de Bobby). Il me dit que le reste des Revolution est déjà reparti, donc il n’y aura que lui ce soir.
Bobby se souvient bien de son séjour en France où il est resté environ 1 mois et a produit la chanteuse Guesh Patti. Ils se souvient aussi particulièrement du concert du Théatre de Verdure à Nice et du concert au Palace de 81. En revanche le concert du Zénith 86 un peu moins, je lui ai expliqué à quel point ce concert était devenu culte pour les fans.
Au sujet du show du Palace une anecdote amusante: il me dit « tu sais, ce concert existe en vidéo » et là je ne savais pas quoi répondre. Soit je devais faire comme si je n’avais jamais vu cette vidéo (car c’est un enregistrement pirate qui fut « volé ») soit me trahir en disant que je connaissais bien cette vidéo. Voyant mon hésitation, il a répondu à ma place en disant « oui, tu as vu cette vidéo ».
Bobby aimerait beaucoup que les Revolution fassent une tournée. Il y a une vraie dynamique après le show de dimanche et ils ne voudrait pas s’arrêter là. Ils envisagent des shows à New York et à Los Angeles, où d’après lui les médias aideront à faire de ce revival un truc énorme. Au sujet de la participation de Prince dimanche, nous étions d’accord pour dire qu’il était mieux que Prince ne soit pas venu car cela aurait attiré l’attention sur lui alors que le show était pour le Benefit. En revanche dans un autre contexte, lors d’une tournée par exemple, Bobby semble dire que la participation de Prince serait tout à fait envisageable. S’ils venaient jouer en France avec les Revolution, Bobby aimerait que le show ait lieu au Palace. Cela lui plairait franchement de jouer à nouveau dans cette salle.
J’ai aussi pas mal échangé avec sa femme Vicki, surtout au sujet de la mobilisation des fans lorsque Bobby a eu son attaque cardiaque. Elle dit clairement que ce sont les fans qui l’ont sauvé, et que Bobby a tenu à faire ce show pour les fans en guise de remerciement.
Au milieu de tout cela voilà que débarquent Pepe Willie et Marcy Ingvoldstad (94 East) qui décidément sont partout à Minneapolis ! En tout cas dès qu’il se passe quelque chose relatif à Prince. Bobby s’éloignant un peu, je discute avec eux pendant près d’une heure au sujet du business de la musique, des contrats de distribution… écouter une leçon de music business de la part de Pepe Willie c’est juste extraordinaire ! Il est vraiment cool, ouvert, et il a des dizaines de choses à raconter sur le métier, c’est super intéressant. On a même parlé de Lady Gaga. Ils me passent leur dernier CD promo et on prévoit de se rencontrer pour déjeuner le lendemain.
Voila, c’est juste surréaliste de vivre des trucs pareils avec des personnes qui semblaient si éloignées, si inaccessibles, qui surtout qui représentent une histoire du Minneapolis Sound et même une partie de l’histoire de la musique contemporaine. Avoir cette discussion, c’était ça mon rêve.
Journée du 22 février : Pepe Willie et Minnehaha Falls
Dernière journée à Minneapolis. Nous avons rendez-vous avec le légendaire Pepé Willie au Depot Tavern, le restaurant qui jouxte le First Avenue. Je suis accueilli sur place par Kristie Lazenberry qui m’explique qu’elle a tenu à venir pendant sa pause déjeuner mais qu’elle ne peut rester que quelques minutes, et en plus elle est mal garée. C’est déjà incroyable qu’elle ait fait le déplacement juste pour venir nous saluer. Quelques minutes plus tard c’est Marcy Ingvolstad et Pepe Willie qui arrivent. On s’installe dans le resto pour l’instant très calme. Pendant près de deux heures, nous avons eu une discussion très intéressante sur la musique, les relations entre Prince et les gens travaillant pour lui où le connaissant, et des anecdotes sur les débuts de la carrière de Prince !
Durant la discussion on comprend que même si Pepe semble beaucoup apprécier les femmes, il vit en couple avec Marcy. Il semblerait que depuis tout ce temps, le trio formé avec Kristie soit resté très soudé.
Pepe accepta de nous livrer une petite interview que vous trouverez ci-contre. En revanche, dès que nous avons commencé, la musique du resto s’est déclenchée ! Mais bon, on a fait au mieux.
Après ce déjeuner, nous avons décidé de visiter le parc Minnehaha où se trouvent des chutes d’eau citées par Prince dans la chanson Rock’n’Roll Is Alive (And It Lives In Minneapolis). Le parc est situé à l’abord du centre ville, dans la direction de l’aéroport. Il est facilement accessible par le Light Train, une sorte de tramway. Nous sommes arrivés sur place à la tombée de la nuit, et il faut avouer que l’endroit est saisissant d’étrangeté. De plus, il n’y avait quasiment personne dans le parc ! Nous avons trouvé les chutes d’eau qui sont, en cette période de l’année, complètement gelées !
Vidéo : interview de Pepe Willie
Conclusion et retour à Paris
Se rendre à Minneapolis quand on est fan de Prince n’a un réel intérêt que si l’on est sensible aux symboles et à l’histoire des gens que l’on est amené à rencontrer. Si on y va juste pour faire du « tourisme princier » on risque d’être déçu, car la ville est finalement assez neutre et ne laisse pas percevoir de signe majeur relatif à Prince. En revanche, si on y va pour un but précis, ce qui était notre cas, et que cela ouvre la porte à des rencontres mémorables, alors le coût hors norme de ce type de déplacement est largement contrebalancé par les souvenirs et les histoires vécues. Pour cela il faut s’intéresser aux gens, aux artistes qui ont travaillé avec Prince, connaître leur histoire (et pas seulement leurs liens avec Prince) et les respecter. Il faudrait bien sur de nombreux voyages pour pouvoir faire le tour de la question, et maintenant que Prince est mort il ne restera que les témoins d’une époque révolue.
Comme souvent expliqué lors de mes récits de concerts, le retour sur Paris et les jours qui suivirent furent particulièrement difficiles. Comment expliquer à son entourage, ses collègues ou ses amis les émotions que nous avons pu traverser, les joies que nous avons pu en retirer ? Je garde des souvenirs merveilleux de ce séjour à Minneapolis, tant par les artistes que j’ai rencontré et à qui j’ai pu parler pour la première fois, que pour les événements eux mêmes, ou le partage de ces moments avec l’ensemble de notre groupe Franco-Hispano-Helvétique. Les verres qui trinquent pendant les soirées, la virée à Paisley Park et à Calhoun Square, et bien sur les concerts au First Avenue ou au Bunker’s resteront des moments forts.