George Clinton est un artiste américain né le à Kannapolis, en Caroline du Nord. Il est considéré comme l’un des pères fondateurs de la musique funk, au même titre que James Brown et Sly Stone. Chanteur, producteur, auteur, et chef d’orchestre, il a été d’une influence considérable en définissant un univers musicalement innovant et visuellement extravagant, teinté par la science-fiction, l’humour débridé, la liberté sexuelle, et le groove hypnotique. N’hésitant pas à se qualifier « d’Afronaute » venu de l’espace pour réclamer possession des pyramides Egyptiennes, il a mis en place un collectif musical sous le nom de « Parliament – Funkadelic », deux groupes qu’il a mené conjointement au cours des années 1970, souvent représentés par le diminutif « P-Funk ».
Ses concerts sont également remarquables. Souvent très longs (3 à 4 heures est un standard pour lui, on a même vu des shows dépasser les 6 heures), totalement déconstruits (les morceaux sont mélangés entre eux sous forme de longs jams avec de multiples solos), et d’une grande théatralité (on lui doit le fameux « mothership », un vaisseau spatial arrivant sur scène et d’où débarque son personnage central, le Dr Funkenstein), il est une inspiration majeure pour Prince et aussi pour une grande partie des artistes hip-hop depuis les années 1990.
Au début des années 1980, à la suite de nombreuses dettes et soucis avec ses maisons de disques, il entame une carrière solo tout en restant entouré d’une majorité de fidèles dans son collectif, souvent rebaptisé « the P-Funk All Stars ». Son album Computer Games de 1982 contient les tubes Loopzilla et surtout Atomic Dog, devenu un véritable hymne funk, popularisé aussi par la reprise fait par Snoop Dogg sous le titre What’s My Name? en 1993. Les albums suivants passeront relativement inaperçus, et la situation financière de George Clinton est au plus bas en 1986, lorsque Prince décide de le signer sur Paisley Park Records, épongeant ainsi plus de $150,000 de dettes que Clinton avait auprès de l’administration fiscale.
Album : The Cinderella Theory (1989)
Le premier album de George Clinton pour Paisley Park Records parait le 2 août 1989, en pleine période promotionnelle liée au film Batman et à la bande originale de Prince.
Il n’y a aucune participation de Prince dans ce projet de George Clinton, on retrouve juste parmi les musiciens Eric Leeds et Atlanta Bliss, issus du groupe de Prince. Le disque a été enregistré à Detroit, aux studios United Sound System.
L’album fait l’objet de critiques mitigées, d’un côté il est apprécié de retrouver George Clinton et ses innovations musicales, de l’autre l’album sonne au global comme inconsistant et pas suffisamment inspiré. La présence de Chuck D, du groupe rap Public Enemy, sur le morceau Tweakin’ fut l’une des apparitions les plus commentées.
Contenu :
- Airbound
- Tweakin’
- Cinderella Theory
- Why Should I Dog U Out?
- Serious Slammin’
- There I Go Again
- (She Got It) Goin’ On
- Banana Boat Song
- French Kiss
- Rita Bewitched (sur CD et K7 uniquement)
- Kredit Kard (sur CD et K7 uniquement)
- Airbound (Reprise)
Deux singles seront extraits de l’album, avec plusieurs remixes présents sur les maxi-singles : Why Should I Dog U Out? et Tweakin’. Prince sera impliqué dans certains des remixes de ce dernier titre.
Graffiti Bridge (1990)
Tout comme Mavis Staples, George Clinton est embarqué dans le film Graffiti Bridge que Prince réalise au début de l’année 1990. Il y joue son propre rôle, tenant un club appelé Clinton’s House. Sa présence est toutefois très limitée, puisqu’il n’a aucun dialogue et son apparition sur scène est écourtée.
En 1994, Clinton sera présent dans le film PCU et pour lequel il enregistre une reprise du titre Erotic City de Prince.
Album : Hey Man… Smell My Finger (1993)
Un second album de George Clinton paraît sur Paisley Park Records le 12 octobre 1993 en CD et K7. Un double album vinyle existe également en promo US. Il est précédé du single emblématique Paint The White House Black. Sur ce disque les participations sont nombreuses : Prince, Dallas Austin, Humpty Hump du Digital Underground, Ice Cube, N’Dea Davenport, Dr. Dre, Anthony Kiedis et Flea (Red Hot Chili Peppers), ou Herbie Hancock, sans oublier les fidèles du P-Funk que sont Bootsy Collins, Bernie Worrell, Maceo Parker, et Fred Wesley.
L’album est très bien accueilli par les critiques, et George Clinton est au meilleur de sa forme, faisant références à ses nombreux symboles légendaires (le Mothership, le Bop Gun, …)
Un titre de Prince, The Big Pump, est présent sur l’album. Il a été enregistré probablement dès les premières sessions de l’album, début 1990 et n’est pas particulièrement inspiré. L’album a connu différentes configurations avant sa forme finale, un titre nommé My Pony (écrit par Prince) étant également envisagé à un moment. Il fut question aussi d’intégrer une version différente de We Can Funk (vs celle de Graffiti Bridge). La participation de Prince sur le titre Get Satisfied est aussi admise, et ce titre fut régulièrement cité dans des performances live ou d’autres titres dont The Exodus Has Begun.
Deux singles seront extraits de cet album : Paint The White House Black et Martial Law, déclinés en CD et maxi-singles avec une pléthore de remixes. Des clips humoristiques et décalés accompagnent ces singles.
Un troisième « single », Hollywood, est intégré à la compilation 1-800-NEW-FUNK qui parait en août 1994.
Cet album a été classé modestement dans les charts US (n°145 pop, n°31 R&B), et ses ventes sont demeurées faibles d’autant que le CD a été très rapidement épuisé, et qu’en raison des désaccords entre Prince et Warner, sa promotion a cessé presque immédiatement.
Une réédition (sous une pochette différente) a toutefois lieu sur le label NPG Records en 1995, tout comme l’album The Voice de Mavis Staples.


