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Madhouse

Madhouse est essentiellement un projet entre Eric Leeds et Prince

Madhouse est un groupe de fusion jazz-funk ayant fait paraître deux albums sur Paisley Park Records en 1987. D’autres albums ont été enregistrés ensuite, mais n’ont pas donné lieu à des sorties dans le commerce.

Origine du groupe

Alors que la tournée Purple Rain se termine au printemps 1985, Prince lorgne déjà vers ce qui serait pour lui un aboutissement dans sa carrière : sortir un disque de jazz.

L’étude des soundchecks de la tournée Purple Rain montre qu’avec l’intégration du saxophoniste de Sheila E, Eddie Minninfield, puis avec celle de Eric Leeds, Prince souhaite évoluer vers une musique plus élaborée que le rock électrique et électronique de Purple Rain. Les jams instrumentaux prennent alors forme, et Eric Leeds est de plus en plus souvent sollicité pour de longs solos.

Eric Leeds est originaire de Richmond, Virginie, et c’est via son frère Alan, tour manager de Prince depuis la tournée 1999, qu’il rejoint l’entourage de Prince. La coopération entre les deux hommes débute sur les morceaux de l’album de The Family, sur lequel Leeds ajoute ses parties de saxophone en juillet 1984. A partir de février 1985, Leeds est membre permanent de la tournée Purple Rain.

Après une première ébauche de groupe jazz-fusion envisagée tout début 1986, qui donnera lieu au projet abandonné The Flesh, c’est à partir du 28 septembre 1986 que Prince et Eric Leeds se lancent dans une série de sessions qui ont lieu dans le home studio de la maison de Galpin Boulevard.

Préparatifs

Les sessions du premier album de Madhouse se livrent sur un rythme frénétique, puisque l’intégralité de ce qui constitue cet album est enregistré en seulement quatre jours et demi. Prince convoqua Eric Leeds chez lui en précisant que son père est présent et qu’ils pourraient jouer du jazz. Lorsque Eric est arrivé sur place une heure plus tard, le père de Prince était déjà parti. Prince s’est alors mis au piano et Eric joua du saxophone sur des mélodies qui lui étaient inédites. Après trois morceaux, Prince proposa de descendre au studio et d’enregistrer cette musique. A la surprise d’Eric Leeds, les pistes de base des trois morceaux que Prince venait de jouer étaient déjà enregistrées.

Ce 28 septembre 1986, Prince et Eric Leeds enregistrent trois titres : Baby Doll’s House, One et Two. Le titre Baby Doll’s House est construit à partir d’un sample d’une phrase prononcée par Susannah Melvoin et enregistrée sur le synthétiseur Fairlight. Ce même sample sera réutilisé plus tard pour le titre Eleven. Le lendemain, c’est au tour des titres Three, Four et Five d’être enregistrés. Six et Seven seront créés le 30 septembre, et enfin Eight le 1er octobre. Bien qu’il soit probable que les titres aient été assignés à ces morceaux après l’enregistrement, il est intéressant de constater qu’ils ont été nommés d’après l’ordre exact où ils ont été enregistrés.

Bien qu’aucun lien de cause à effet ne puisse être confirmé, il s’avère que ces sessions ont lieu juste avant la décision de Prince de se séparer de The Revolution. Il est donc possible que la production de ces sessions aient incité Prince à aller vers un son différent, et auquel The Revolution ne correspondait plus.

La post-production de l’album a lieu début octobre 1986. Prince a assemblé et édité les bandes, puis ajouté divers éléments comme des murmures de voix ou un sample de Vanity entre deux morceaux, ainsi que les appels téléphoniques accélérés sur le titre Five. Un titre complémentaire, intitulé Six And 1/2, est enregistré et destiné à la face B du premier single. Ce titre fut le seul morceau écrit par Eric Leeds lui-même et comportant de la trompette par Atlanta Bliss.

Le concept graphique de Madhouse se dessine dans les semaines suivantes, avec le recrutement de la « cover girl » Maneca Lightner qui sera présente de façon anonyme sur les pochettes de l’album et des singles. Les communiqués de presse annonçant la sortie du premier album brouillèrent volontairement les pistes. Il fut annoncé en premier lieu que le projet était créé par un claviériste du nom de Austra Chanel, et que le groupe était constitué d’une ancienne formation d’Eric Leeds originaire de Pittsburgh. Le batteur s’appelait John Lewis, et le bassiste Bill Lewis. D’après Eric Leeds, l’anonymat était voulu car Prince ne voulait ni se mesurer aux pointures du jazz, ni décevoir ceux qui attendraient un album de Prince. 

8 - Madhouse (album, 1987)
6 - Madhouse (maxi-single, 1987)

Album : 8 (1987)

La sortie de l’album de Madhouse, sobrement intitulé 8, a lieu le 19 janvier 1987, jour de l’anniversaire d’Eric Leeds.

Cet album n’a pas manqué d’interroger les fans de l’époque. En premier lieu par la présence sur la pochette de la plantureuse Maneca Lightner jouant à la balle avec son petit chien, qui ne donnait aucune indication particulière sur le contenu. Les crédits de la pochette sont laconiques, ne citant aucun nom de musicien, et prétendant que le disque a été enregistré à Pittsbugh, aux « Madhouse Studios », ce qui signifiait que ce groupe aurait déjà une certaine notoriété alors que personne ne les connaissait. Les liens avec Prince ne pouvaient se trouver que dans certains détails, comme le fait que Susan Rogers ait été l’ingénieur du son des sessions, ou que Laura Lipuma en assurait la direction artistique. Mais il fallait pour cela avoir déjà bien étudié les crédits sur les disques de Prince des années précédentes. Au delà de ces piètres informations, l’amateur n’avait pas d’autre choix que de se lancer dans l’écoute du disque.

Madhouse propose un jazz-funk entièrement instrumental (si ce n’est quelques voix présentes ici et là), et si l’on excepte les deux titres similaires présents sur l’album de The Family (pour ceux qui l’avaient déjà) c’est une véritable première dans l’univers princier. Certes, nous restons dans une forme éloignée du jazz original, et l’on se rapproche plus volontiers du funk mais le fait est que l’ambiance musicale est assez différentes des autres productions. Madhouse est au jazz ce que le concept de The Time est au funk : un ersatz proposant une déclinaison du Minneapolis Sound, anticipant les sonorités des productions à venir, parmi lesquelles l’album de Jill Jones, ou le double album Sign O The Times.

Musicalement, si One reprends des composantes classiques du jazz, le titre suivant, Two est déjà beaucoup plus funky, emporté notamment par un solo de synthétiseur dans l’esprit de celui de Head. Three est le chapitre d’une romance soul, qu’on imagine lors d’une soirée au coin du feu. Four est un petit morceau plus entraînant, et sera régulièrement repris en concert, souvent en l’incorporant à The Ballad Of Dorothy Parker. Five, plus anecdotique, est aussi enjoué. La seconde face du disque s’ouvre avec Six, un pur morceau funk élevé au saxophone et aux rythmes électroniques du synthé là aussi. Seven revient à un penchant plus jazz, tandis que Eight est un long morceau de clôture, où la flûte d’Eric Leeds est à l’honneur, sur un rythme ponctué par une sorte d’onomatopée sourde, et part crescendo en ajoutant successivement les nappes de synthés, la basse, la batterie, et enfin le saxophone.

Au global l’album propose une musique brillante, composée de larges parties instrumentales et de nombreux et très bons solos de saxophone et de flûte. Maintenant que l’on connaît les secrets de ce disque et le fait que Prince soit le seul autre musicien aux côtés d’Eric Leeds, on peut s’émerveiller de sa maîtrise stylistique et de son incroyable virtuosité, ainsi que de la qualité de la production.

Sur le plan commercial, l’album 8 parvient à se classer à la 107ème place du Billboard 200 des albums généralistes, ce qui est une assez belle performance pour un album de jazz totalement instrumental. Il fera un vrai carton dans le Top Black Albums en se hissant jusqu’à la 25ème place, et il restera dans ce classement pendant 12 semaines. Ailleurs, les ventes du disque sont restées anecdotiques malgré les nombreux pressages parus dans divers pays.

Le titre Six fut édité en 45T et paru une semaine avant la sortie de l’album. Il ne sera pas classé dans le Billboard des singles, mais se monte à la 5ème place dans le chart des Black Singles, ce qui en fait l’une des meilleures performances parmi les productions Prince. Le titre est également favori des radios en Europe, où il est souvent utilisé en accompagnement de reportages sur Prince ou la tournée Sign O The Times.

Sign O The Times Tour (mai et juin 1987)

Le groupe Madhouse assurait la première partie des concerts de la tournée Sign O The Times, en Europe sur les mois de mai et juin 1987. En complément, ils étaient annoncés pour se produire séparément dans de petits clubs à l’occasion d’aftershows où Prince et le reste de son groupe venaient souvent les rejoindre. D’ailleurs, pour l’aftershow donné au New Morning à Paris le 14 juin 1987, les billets de ce concert étaient en vente dans les billetteries traditionnelles sous le nom de Madhouse.

Pour se produire sur scène une formation fut constituée autour d’Eric Leeds, en recrutant le bassiste Levi Seacer Jr et le clavier Dr Fink issus du groupe de Prince. Comme ni Prince lui-même, ni Sheila E ne pouvaient assurer la partie batterie, un discret musicien de Minneapolis nommé Dale Alexander fut sélectionné pour cela. Le set de Madhouse durait une vingtaine de minutes et comportait généralement une version instrumentale du titre Mutiny (de The Family) puis Two, Three, et Six. De nouveaux titres, comme Nine, furent occasionnellement proposés au public. Entre chaque morceau, une à deux demoiselles en maillot de bain portaient de grandes pancartes annonçant le numéro du prochain titre.

Vue de la scène avec Madhouse en première partie
Durant les prestations de Madhouse, une jeune femme présentait le titre du morceau suivant.

Préparation d’un second album (juillet 1987)

La mise en route d’un second album de Madhouse eut lieu quasi immédiatement après la fin de la tournée Sign ‘O’ The Times. A peine rentrés à Minneapolis à la fin de la tournée européenne, Prince et son groupe ont réalisé en juillet le film Sign O The Times dans les studios Paisley Park nouvellement construits et pas encore inaugurés. Le nouvel album de Madhouse est l’un des premiers projets intégralement réalisé dans ces studios flambant neufs. Les sessions eurent lieu entre le 30 juillet et le 2 août 1987, de façon toute aussi intense que pour le premier disque.

Si l’album reste essentiellement une réalisation de Eric Leeds et de Prince, d’autres musiciens furent invités sur certains titres. Sheila E et Levi Seacer Jr apparaissent sur trois titres (Ten, Eleven, et Fifteen), respectivement à la batterie et à la basse. Dr Fink joue des synthés sur Sixteen.

Sur la pochette du disque, les crédits sont encore une fois fantaisistes bien que des musiciens soient nommés. Madhouse serait ainsi constitué de Eric Leeds, Levi Seacer Jr et Dr Fink, et du batteur fictif John Lewis. Assez curieusement, le batteur de la section live Dale Alexander n’a pas été intégré à cette formation.

16 - Madhouse (album, 1987)
10 - Madhouse (maxi-single, 1987)
13 - Madhouse (maxi-single, 1987)

Album : 16 (1987)

L’album est rapidement mis en œuvre et paraît le 18 novembre 1987, soit la même année que le premier. Sous-titré « new directions in garage music », le disque propose effectivement une évolution sonore par rapport au premier. Bien que l’on soit bien toujours sous une forme instrumentale jazzy, on ressent une tendance allant vers le funk et le groove. Ce qui donne au disque un aspect plus énergique que le premier.

Après un Nine qui est parfait en court morceau d’introduction, on passe à Ten qui présente un groove plus électronique et linéaire, entrecoupé de breaks et de solos. Eleven, plus dépouillé, reprend le sample de Baby Doll House prononcé par Susannah Melvoin et issu du clavier Fairlight ainsi qu’un morceau de dialogue issu du film Le Parrain. Twelve, qui clôture la première face du disque, propose un crescendo festif et sonne comme le be-bop des années 40. On y entend des voix enjouées et un public qui tape dans les mains comme dans un cabaret. Son final a été repris comme intermède durant la tournée Lovesexy.

Reprenant l’ambiance « gangster » des années 40 avec des bruits de mitraillettes et de machine à écrire, la seconde face du disque s’ouvre avec Thirteen, un funk dense où le beat de batterie soutient la chanson agrémenté de bruitages, de synthés, et d’une basse discrète et efficace. Fourteen rappelle le titre Eight du premier album, en débutant doucement avec du piano et une flûte, puis en évoluant vers quelque chose de plus groovy tout en restant lancinant. Les deux derniers morceaux, Fifteen et Sixteen, proposent d’autres variations instrumentales énergiques.

L’intérêt pour ce second disque fut bien moindre que pour le premier. L’album n’est apparu dans aucun classement. Deux singles en sont extraits, Ten et Thirteen. Ils disposent chacun d’une face B inédite : Ten and a Half, et Thirteen and 1/4 respectivement. Seul le morceau Ten sera classé, apparaissant timidement à la 66ème place du chart R&B du Billboard US. Les deux singles sont accompagnés de vidéo clips mettant en avant le groupe ainsi que les Game Boyz, un trio de danseurs alors encore inconnus.

Projet d’un album de Madhouse avec Sheila E (juin 1988)

Le 26 juin 1988, Prince fait équipe avec Eric Leeds et Sheila E pour débuter l’enregistrement d’un nouvel album de Madhouse. Quatre morceaux sont enregistrés ce jour là. Les trois premiers sont intitulés Uno, Dos, et Tres, comme si l’aventure Madhouse redémarrait sous des airs latino. Un quatrième morceau, initialement non nommé, a été retravaillé ultérieurement et est devenu Cape Horn sur l’album Times Squared de Eric Leeds.

Les enregistrements de Uno, Dos, et Tres sont par la suite abandonnés et ce projet d’album ne sera jamais terminé.

24 - pochette proposée pour l'album

Album : 24 (décembre 1988)

Par la suite, Prince est occupé à assurer la tournée Lovesexy ’88 en Europe et sur le continent américain. La tournée se termine le 29 novembre à Dallas, Texas. Prince revient alors à Paisley Park et à côté d’autres projets, embarque pour la réalisation d’un album pour Madhouse dès le 5 décembre 1988. Le titre The Dopamine Rush Suite avait été initié dans un studio à Londres en juin, il est complété à Paisley Park durant ces sessions, avec quatre autres titres dont les numéros vont de 17 à 20.

Ce nouveau projet Madhouse, comme pour 8 et 16, reste un projet centré autour de Eric Leeds, avec Prince assurant derrière toutes les parties instrumentales.

Les titres composant cet album prennent la suite de la numérotation du précédent, et vont ainsi de 17 à 24. Cependant, l’une des nouveautés est qu’un sous-titre est attribué à chaque morceau. On trouve ainsi :

  • 17 (Penetration)
  • 18 (R U Legal Yet?)
  • 19 (Jailbait)
  • 20 (A Girl And Her Puppy)
  • 21-24 (The Dopamine Rush Suite)

Les quatre derniers morceaux constituent une suite instrumentale, The Dopamine Rush Suite, mais ils sont aussi présentés individuellement avec ces titres : 21 (The Dopamine Rush), 22 (Amsterdam), 23 (Spanish Eros) et 24 (Orgasm).

Cette suite instrumentale comporte des phrases parlées dans différents langages. On y trouve des phrases en danois, récitées par Anna Fantastic, d’autres en français avec l’actrice Mathilda May, et d’autres en suédois par l’ingénieure du son Heidi Hanschu qui fut mise à contribution. Prince a également récupéré des phrases en espagnol chantées par Apollonia sur le titre In A Spanish Villa, ainsi que des gémissements issus d’enregistrements avec Vanity.

Globalement l’album est plutôt plaisant et rythmé, il marque une nouvelle évolution par rapport aux deux précédents, avec des arrangements faisant davantage appel aux boites à rythmes et aux synthétiseurs. On s’éloigne donc davantage du jazz, pour aller vers une fusion pop-jazz instrumentale.

Complété et assemblé, l’album est présenté à Warner Bros début 1989 qui y opposa son véto. Les principales raisons que l’on peut imaginer pour justifier cette décision sont le fait que le second album de Madhouse n’a obtenu aucun succès commercial, et qu’en ce début d’année 1989 la priorité absolue devait être donnée à la bande originale pour le film Batman. Le projet est donc abandonné tel quel et stocké dans le Vault.

Album : 26 (1989-1991)

Prince et Eric Leeds ne restent cependant pas sur cet écueil et repartent de zéro pour constituer un nouvel album de Madhouse, dès l’été 1989. Cependant, plutôt que de composer de nouveaux morceaux ensemble, Eric Leeds obtint un accès au Vault ce qui lui permettait de travailler à partir de morceaux instrumentaux existants. Prince lui proposa également de travailler avec Atlanta Bliss et Candy Dulfer sur ce projet.

Eric Leeds va ainsi s’appuyer sur des pistes enregistrées les années précédentes, datées entre 1985 et 1988. Une partie de la composition The Dopamine Rush Suite est reprise dans le titre finalement appelé The Dopamine Rush.

Dix morceaux furent compilés pour l’album, ce qui fait que la numérotation repris de 17 jusqu’à 26. L’album devait donc s’intituler 26, mais à un moment donné il fut considéré que ce disque était davantage un projet « solo » de Eric Leeds, même s’il comporte une importante contribution instrumentale de la part de Prince. Lorsqu’il en fut convenu ainsi, Eric Leeds donna un nom à chacun des morceaux et composa un nouveau titre intitulé Lines, qu’il positionna au début de l’album. Le disque est alors paru le 19 février 1991 sous le titre Times Squared, comme premier album de Eric Leeds.

Répétitions avec les Hornheads (décembre 1991)

Les Hornheads est un groupe de 5 cuivres qui n’avaient pas précédemment travaillé ensemble en tant que groupe. C’est Michael Bland qui proposa un jour au saxophoniste Brian Gallagher de venir enregistrer avec lui et de faire venir d’autres cuivres. Il appela alors ses amis Michael B. Nelson (trombone), Steve Strand et Dave Jensen (trompettes) et Kathy Jensen (saxophone).

Michael Bland reçut pour mission de constituer un groupe capable d’assurer les premières parties de la tournée Diamonds And Pearls. A cet effet, ils réalisèrent deux répétitions sur la base des morceaux de Madhouse, ré-arrangés pour 5 cuivres par Michael B. Nelson. Les répétitions furent enregistrées et envoyées à Prince qui était alors à Paris. Une fois revenu à Minneapolis, il rencontra le groupe et après une soirée de jam leur proposa d’intégrer les New Power Generation pour la tournée à venir.

Album : 24 (1993-1995)

Le nom Madhouse réapparaît pour un nouveau projet dans le courant de l’année 1993. Cette fois-ci, il n’y a pas d’ambiguïté sur le line-up, puisque les musiciens sont annoncés : Michael Bland (batterie), Sonny T (basse), et Tommy Barbarella (synthés) sont clairement associés à Eric Leeds. Prince apparaît également, sous le déguisement de Tora Tora utilisé pour l’album Exodus.

Il y a au moins deux raisons à ce que le nom de Madhouse soit ainsi réutilisé. Tout d’abord à cette époque Prince est en conflit avec Warner Bros, et réutiliser le nom d’un « groupe » dans lequel il est le maître à penser est un moyen de diffuser sa musique à travers plusieurs projets. Ensuite, cela permet également de garder Eric Leeds dans le giron de Paisley Park. Car le musicien ne travaille plus directement dans le groupe de Prince depuis fin 1988, même s’il a participé ensuite à de nombreuses sessions pour lui-même ou des artistes associés.

Six morceaux complets sont enregistrés pour l’album le 7 juillet 1993 à Paisley Park. Contrairement aux albums précédents de Madhouse, cet album ne comporte qu’une seule piste portant un numéro… à savoir le 17. Autre changement, certains titres sont des morceaux avec des voix. En août et septembre 1993, Ricky Peterson effectua des travaux de post-production sur les morceaux enregistrés.

A ce stade l’album contenait :

  • 17
  • Rootie Kazootie
  • Space [jazz instrumental]
  • (Got 2) Give It Up [Marvin Gaye cover]
  • Asswoop
  • Ethereal Segue
  • Parlor Games

L’album est présenté sous cette forme à Warner Bros, qui le rejette aussitôt. Le titre 17 sera utilisé sur la compilation 1-800-NEW-FUNK qui paraît en juillet 1994, et censée présenter les singles des futures sorties du nouveau label NPG Records. Une pochette de l’album 24 apparaît même dans les notes intérieures du livret CD.

Début 1995, plusieurs extraits de cet album 24 sont rendus disponibles sur la cassette NPG Records Sampler Experience. Cette cassette fut distribuée dans le foule des concerts de la tournée The Ultimate Live Experience en février et mars 1995, à l’occasion de la sortie de l’album Exodus. On retrouve sur cette cassette un extrait du titre Asswoop sous le nom Asswhuppin’ In A Trunk, un autre de Parlor Games ainsi que Ethereal Segue complet. Il est confirmé dans les notes de cette cassette que ces morceaux proviennent de l’album 24, lequel sortira « bientôt ».

L’album est révisé au milieu de l’année 1995 dans l’optique d’une nouvelle sortie. Une nouvelle pochette est créée pour l’occasion. Trois nouveaux morceaux sont ajoutés : Michael Segue, Overture #5, et Overture #6. Ces deux derniers titres seront repris dans le projet Kamasutra (paru début 1997 en cassette) bien que les versions soient différentes. Une version instrumentale du titre 18 & Over (appelée ici 18 And Over) est également ajoutée, et pour cela le titre (Got 2) Give It Up en revanche a été raccourci. Enfin, un Sonny Segue ou Bass Segue est ajouté pour clôturer l’album.

Malgré les efforts, il semble qu’il n’y ait pas eu de créneau optimal pour faire paraître cet album, qui est finalement resté dans le Vault lui aussi.

L’ultime configuration connue de l’album aurait été la suivante :

  • 17
  • Rootie Kazootie
  • Space [jazz instrumental]
  • Guitar Segue
  • Asswoop
  • Ethereal Segue
  • Parlor Games
  • Michael Segue
  • (Got 2) Give It Up2 [edited version]
  • Sonny Segue

 

24 - Madhouse : pochette envisagée pour l'édition 1995 de cet album
24 - Madhouse (pochette arrière du CD prototype)
Cassette NPG Sampler Experience distribuée pendant les concerts en 1995

Madhouse n’a plus fait l’objet ensuite de nouveaux projets, bien que certains titres parmi les inédits de l’album 24 de 1989 aient été offerts à Miles Davis. Également, le titre Asswhupin’ In A Trunk a été diffusé pendant le NPG Ahdio show n°6 au temps du NPG Music Club.

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